Marie-Ève, Samy, Martin et Félix… nos cousins québécois…

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Publié le 23 juin 2015 par C.Gaudré
dans LE SEL, nouvel organe de liaison des Compagnons Boulangers Pâtissiers du Devoir

Il est de coutume d’utiliser le mot « famille » lorsque l’on évoque le Compagnonnage. Surement parce que l’étymologie du mot « compagnon », qui signifie « celui qui partage le pain avec », s’y prête bien. Surement aussi parce que cet esprit de famille est juste et non-exagéré. Le Compagnonnage est une famille. Belle et grande. Difficile alors de contester cela. Dans notre jargon identitaire, il y a même des mères et des parrains. Dans notre communauté de femmes et d’hommes de métier, on évoque la fraternité, provenant du mot « frère ». Comme toute famille, nous possédons une histoire et un héritage, des anciens et des jeunes. Cette famille adopte chaque année de nouveaux enfants qui se perfectionnent à leur métier en empruntant un chemin assez semblable à celui de leurs pairs. En œuvrant pour la continuité d’un mouvement en mouvement. En participant à la transmission des valeurs. Et vivant et s’épanouissant grâce et par leur métier, dans un esprit d’ouverture et de partage.

Il est de coutume en France, lorsqu’il s’agit d’évoquer le Québec et ses habitants, d’utiliser le mot « cousin ». Surement parce que la généalogie s’y prête bien. Surement aussi parce que les québécois sont excessivement nombreux à avoir eu un de leur aïeul qui a traversé l’Atlantique pour s’implanter, au 17ème siècle, sur ce nouveau continent… que Samuel de Champlain avait baptisé, à l’époque, « Nouvelle France ». Surement enfin parce qu’au-delà de cet héritage indéniable, il y a notre langue… le français… que nous partageons, avec fierté, en commun.

Si j’ai pris le temps d’introduire mon exposé par ces petits rappels, en lien avec des notions de famille et d’histoire, c’est pour m’aider à développer maintenant les raisons et la finalité du projet que je vais vous relater. Un projet que nous avons décidé de mettre en œuvre, depuis un an, ici au Québec. Un projet innovant et inédit qui permet, déjà, en ce moment, à des jeunes boulangers québécois de commencer à vivre l’esprit et l’expérience du Compagnonnage du Devoir sur ces terres d’Amérique du Nord.

Pour commencer, il est important de vous préciser que ce projet n’avait pas pour but d’importer maladroitement notre modèle franco-français. Car entre la France et le Québec subsistent des différences culturelles évidentes. Les six mille kilomètres qui les éloignent l’une de l’autre, les quatre derniers siècles d’influence anglo-saxonne qui viennent de façonner le Québec, la proximité de cette province avec les États Unis ont atténué l’empreinte française des premiers explorateurs. Parler la même langue ne signifie pas parler le même langage. Et ceci n’est pas qu’une simple petite question d’accent. Si le Compagnonnage peut naitre et se développer ici, il est évident qu’il doit être différent, qu’il doit s’accommoder aux pratiques locales. Ce n’est pas aux jeunes de s’adapter au Compagnonnage français… mais bien au Compagnonnage que nous connaissons dans l’hexagone de s’adapter aux réalités d’un monde bien différent du nôtre.

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