La 3e Rencontre des boulangers artisans

Le 4 octobre dernier avait lieu la 3e Rencontre des boulangers artisans. La rencontre a eu lieu au nouveau moulin de La Milanaise à St-Jean-sur-Richelieu, alors que Robert Beauchemin nous a parlé des tendances du bio et que c’était aussi l’occasion d’un autre changement de ville pour les compagnons « made in Québec ».

La journée a commencé avec nos compagnons en cuisine pour préparer le lunch, puis la rencontre a officiellement débuté avec quelques mots de Charles Létang,  président de l’ABAQC, qui nous a offert un avant-goût des prochaines activités de l’ABAQC.

La salle était comble, étaient présents des boulangers d’À chacun son pain, Boulangerie Pain à Tartine, Marie-Pain, Le Garde-Manger de François, St-Méthode, Première Moisson, des professeurs et des étudiants des écoles Jean-Jacques Rousseau et Calixa-Lavallée et des représentants du moulin des Cèdres et Routhier & fils.

Pour l’occasion Robert Beauchemin nous a brossé les grandes lignes de son parcours personnel qui l’a amené à faire de l’agriculture bio dans les années 70 alors que personne, ou presque, n’en faisait et à annexer une première meule de granit rose à la ferme, en 1982, pour faire face à la difficulté de commercialiser leurs céréales biologiques de haute qualité.

Il a ensuite dressé un tableau de la fluctuation des prix du boisseau à travers les années, comme par exemple dans les années 80, lorsque les spéculateurs ont fait passer les prix de 4$ à 6$ à 22$ le boisseau pour le blé conventionnel, et à 30$ pour le bio, jusqu’au retour à un prix plus normal de 5$, 5.25$ le boisseau aujourd’hui. Mais surtout, le grand changement selon lui, depuis les 15, 20 dernières années, c’est que le marché financier fait en sorte que le marché du blé, du soya et autres, n’est plus un marché agricole, mais un marché de commodité, ce qui change toute la donne. Le prix change non pas parce qu’il a plu, mais parce que les plus gros joueurs traitent les aliments comme du papier à transiger.

Cela dit pour le bio, il nous parle d’études qui montrent qu’il est de plus en plus en demande depuis 5 ans, cependant moins ici qu’en Europe et aux États-Unis; études qui décrivent le nouveau client du bio comme une jeune famille, avec un meilleur patrimoine financier, une conscience environnementale plus développée et dont les valeurs famille et santé sont plus ancrées que pour les générations précédentes.

Il nous trace ensuite, avec schémas à l’appui, le détail des nombreux défis auxquels font face les agriculteurs lorsqu’ils veulent effectuer la transition d’une agriculture conventionnelle à une certification bio; une transition qui n’est pas si simple, parce qu’il ne s’agit pas seulement de se conformer à un cahier de charge de 900 pages, mais de faire les choses d’une nouvelle manière. Cependant il reste confiant que cette tendance va se poursuivre car les gains sont aussi au rendez-vous pour ceux qui font le pas.

La rencontre s’est terminée avec un léger repas et une visite des installations en compagnie de Sophie Beauchemin.

Merci à La Milanaise, à Robert et Sophie Beauchemin, pour leur accueil.

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L’enregistrement de cette conférence sera disponible prochainement, inscrivez-vous à notre info-lettre pour savoir où et quand.

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